Reformuler un e-mail délicat en trente secondes, décrypter un courrier des impôts, trouver la formule qui additionne les dépenses de mars : utiliser l'IA au quotidien, c'est d'abord cela. Encore faut-il savoir que ces outils répondent à tout avec la même assurance, qu'ils aient raison ou non.
Bien s'en servir tient en trois compétences : savoir quoi demander, quoi vérifier et quoi ne jamais confier. Voici quinze usages concrets avec leurs requêtes types, les réglages de confidentialité des cinq grands assistants et leurs limites, juridiques comprises.
Ce qu'une IA générative sait faire, et ce qu'elle ne sait pas faire
L'IA fait partie du quotidien depuis longtemps : filtre antispam, calcul d'itinéraire, suggestions de films. ChatGPT, Gemini, Claude, Le Chat ou Copilot relèvent d'une forme plus récente, l'IA générative : de grands modèles de langage qui, entraînés sur d'immenses volumes de textes, produisent la suite de mots la plus plausible au vu de votre demande. Ce ne sont ni des moteurs de recherche ni des bases de données.
Leur force : manipuler le langage. Leur faiblesse : l'exactitude, et les éditeurs l'écrivent eux-mêmes. Selon les conditions d'Anthropic, les réponses peuvent contenir des inexactitudes importantes « même si elles semblent exactes en raison de leur niveau de détail ou de précision ». Celles d'OpenAI pour l'Europe demandent de ne pas s'y fier comme « seule source de vérité », ni comme substitut à un conseil professionnel.
Ce qu'elle fait bien
- Reformuler, résumer, traduire un texte que vous lui fournissez
- Expliquer une notion à votre niveau, avec des exemples
- Écrire une formule de tableur ou un petit script
- Proposer des idées, des plans, des variantes
- Structurer un comparatif à partir de vos critères
Là où elle se trompe
- Citer des faits, des chiffres ou des références précises
- L'actualité récente, quand elle ne consulte pas le web
- Les sujets pointus ou peu documentés, où elle comble les trous
- Les longs calculs faits sans exécuter de code
- Décider à votre place d'un choix médical, juridique ou financier
Les usages observés le confirment :
35 %
des conversations sur Claude.ai relèvent d'un usage personnel (46 % du travail, 19 % des études)
15 %
relèvent de tâches d'enseignement et d'instruction, contre 9 % en janvier 2025
Près de 3/4
des conversations : l'utilisateur fixe la direction et, le plus souvent, adapte la réponse au lieu de la reprendre telle quelle
Sources : rapport d'Anthropic, janvier 2026 ; étude pilote de Stanford sur environ 250 000 conversations. Des tendances sur un seul assistant, pas un portrait des Français.
Comment bien formuler une demande à une IA : la méthode en cinq temps
Une requête vague (un « prompt », dans le jargon) produit une réponse passe-partout. La documentation d'Anthropic propose un test simple : montrez votre demande à un collègue qui ne connaît pas le dossier. S'il est perdu, l'IA le sera aussi.
Donnez le contexte
Qui vous êtes, à qui s'adresse le résultat, et pourquoi : expliquer la raison d'une consigne aide le modèle à mieux viser, selon la même documentation.
Décrivez la tâche et le format attendu
Un verbe d'action (rédiger, résumer, comparer), une longueur, un ton, une structure : tableau, liste, dix lignes maximum.
Fournissez la matière et, si possible, un exemple
Collez le texte, les données ou vos notes. Quelques exemples du résultat souhaité restent, selon Anthropic, l'un des moyens les plus fiables d'obtenir le bon ton.
Autorisez le doute
Ajoutez « si l'information manque ou si vous n'êtes pas sûr, dites-le ». Anthropic présente cette permission explicite comme une technique simple qui peut réduire nettement les réponses inventées.
Corrigez par petites touches
« Plus court », « moins formel », « gardez le deuxième paragraphe » : trois échanges valent souvent mieux qu'une demande réécrite de zéro.
La différence, sur un cas concret. Avant :
« Écrivez un mail à mon propriétaire. »
Après :
« Je suis locataire. Mon chauffe-eau est en panne depuis le 18 septembre ; j'ai prévenu mon propriétaire par téléphone le jour même, sans réponse. Rédigez un e-mail courtois mais ferme qui rappelle ces faits, demande une intervention rapide et propose deux créneaux de visite. 120 mots maximum. »
15 usages concrets de l'IA au quotidien, avec des exemples de requêtes
Classées en cinq familles, ces requêtes fonctionnent avec n'importe quel assistant : remplacez les éléments entre crochets par les vôtres. La plupart des assistants acceptent aussi une photo (courrier, étiquette, tableau blanc) ou une question posée à voix haute.
Écrire et communiquer
1. Rédiger un premier jet. Réclamation, annonce, message à un client : donnez les faits, l'IA s'occupe de la forme. Vérifiez toute loi citée : c'est le genre de référence qu'un modèle invente.
« Rédigez une annonce pour vendre [mon vélo de ville] : [état, âge, accessoires, prix]. Ton simple et honnête, 80 mots, sans superlatifs. »
2. Corriger et reformuler. Orthographe, ton trop sec, message trop long : demandez aussi la liste des changements, pour garder le contrôle.
« Corrigez les fautes de ce texte sans changer mon style, puis listez chaque correction avec sa raison. »
3. Traduire et adapter. Messages courants, menu ou panneau photographié en voyage : les assistants s'en sortent bien. Pour un acte officiel, l'administration exige souvent un traducteur assermenté.
« Traduisez ce message en espagnol pour notre loueur de vacances, ton cordial. Signalez les formulations qui pourraient être mal comprises. »
Comprendre et apprendre
4. Résumer un long document. Rapport, compte rendu, notice : faites d'abord extraire les passages exacts, puis résumer à partir d'eux, comme le recommande Anthropic pour limiter les erreurs.
« Relevez mot pour mot les passages de ce rapport qui parlent de [budget]. Puis résumez en 8 points, chacun appuyé sur un passage. »
5. Décrypter un courrier ou un contrat. Impôts, bail, conditions générales : l'IA traduit le jargon en langage clair. Masquez d'abord nom, adresse et numéros, vérifiez les délais sur le site officiel et, en cas de litige, consultez un professionnel du droit.
« Expliquez simplement ce courrier : ce qu'on me demande, avant quelle date, et ce qui se passe si je ne réponds pas. Si une information n'y figure pas, dites-le. »
6. Réviser et apprendre. Le piège : se faire donner les réponses. Anthropic a lancé en avril 2025, pour ses offres éducation, un mode apprentissage qui guide par des questions au lieu de résoudre ; une simple consigne produit le même effet avec n'importe quel assistant. Reste la persévérance, qui fait défaut quand tant de formations en ligne sont abandonnées.
« Je révise [la Révolution française] pour un contrôle de première. Posez-moi 10 questions, une par une, corrigez mes réponses et ne donnez jamais la solution avant que j'aie essayé. »
7. S'entraîner à l'oral. Entretien d'embauche, négociation, langue étrangère : l'IA joue l'interlocuteur, par écrit ou à la voix. Utile pour structurer vos réponses, pas pour prédire la réaction d'un vrai recruteur.
« Jouez un recruteur pour un poste de [chargé de clientèle]. Une question à la fois, puis un retour franc sur chacune de mes réponses : clarté, exemples, longueur. »
Chiffres, tableurs et code
8. Écrire une formule de tableur. Précisez le logiciel et sa langue : les noms de fonctions diffèrent (SOMME.SI.ENS en français, SUMIFS en anglais). Testez la formule sur quelques lignes dont vous connaissez le résultat.
« Dans Excel en français : colonne A des dates, B des catégories, C des montants. Écrivez la formule qui calcule le total de la catégorie "Courses" pour mars 2026, et expliquez chaque partie. »
9. Analyser un fichier de données. La plupart des assistants acceptent un fichier CSV ou Excel. Retirez d'abord IBAN, noms et numéros, et contrôlez un ou deux totaux à la main.
« Voici mes dépenses de l'année (date, libellé, montant). Classez-les par catégorie, totalisez-les par mois et signalez les prélèvements récurrents qui ressemblent à des abonnements. »
10. Automatiser une tâche avec un script. Même sans savoir programmer, vous obtenez un petit script et son mode d'emploi. Exigez un mode simulation et travaillez sur une copie, après une sauvegarde en règle : un script erroné peut écraser des fichiers.
« Écrivez un script Python qui renomme les photos d'un dossier selon leur date de prise de vue (AAAA-MM-JJ_hhmmss.jpg), avec un mode simulation, et expliquez comment l'exécuter sous Windows. »
Chercher, comparer, organiser
11. Chercher une information, avec ses sources. Quand l'assistant consulte le web, il cite ses sources : ouvrez-les, car un lien peut ne pas dire ce que la réponse lui prête.
« Quelles sont les conditions pour [obtenir telle aide] en 2026 ? Citez vos sources, en privilégiant les sites officiels, avec la date de chaque information. »
12. Comparer avant de décider. Offres d'emploi, forfaits, logements : l'IA structure la comparaison selon vos critères. Faites-lui défendre l'option que vous n'aimez pas, pour contrer sa tendance à vous donner raison.
« J'hésite entre ces deux offres [collées ci-dessous]. Comparez-les dans un tableau selon mes critères [trajet, salaire, télétravail], puis donnez trois arguments contre celle que je semble préférer. »
13. Organiser le quotidien. Menus, courses, week-end, planning de révisions : signalez allergies et contraintes, et vérifiez horaires et prix, souvent périmés.
« Menus du soir pour 4 personnes, du lundi au vendredi : budget serré, sans porc, 30 minutes de préparation maximum. Ajoutez la liste de courses par rayon. »
Créer
14. Trouver des idées. Demandez beaucoup de propositions, puis faites trier. Un nom commercial se vérifie dans la base des marques de l'INPI ; notre guide de la micro-entreprise en 2026 détaille la suite des démarches.
« Proposez 20 noms courts et faciles à prononcer pour une micro-entreprise de réparation de vélos à domicile. Écartez ceux qui ressemblent à des marques connues. »
15. Créer des images. Décrivez style, couleurs et format, et évitez le texte dans l'image, souvent mal rendu. Aucun visuel réaliste d'une personne réelle sans son accord (voir la partie juridique).
« Illustration pour l'affiche d'une fête de quartier : style papier découpé, couleurs vives, format vertical, sans texte, espace libre en haut pour le titre. »
Les bons réflexes : vérifier, sourcer, protéger ses données
Vérifier ce qui compte
Un menu raté coûte un dîner ; une date limite erronée, une pénalité. La documentation d'Anthropic recommande de faire justifier chaque affirmation par une citation et de retirer celles qui n'en trouvent pas. Concrètement : ouvrez les sources, remontez au texte officiel ou à la documentation du fabricant, et posez deux fois la même question. Si les réponses divergent, méfiance.
Ce qu'il ne faut jamais confier à un assistant
Une conversation avec un assistant grand public est stockée par l'éditeur ; selon vos réglages, elle peut servir à l'entraînement, et certaines sont relues par des personnes. Le principe de minimisation du RGPD (article 5) fait office de boussole : ne donnez que ce qui est nécessaire à la tâche.
Avant de coller un document, remplacez les noms par des rôles (« le locataire », « le client A ») et supprimez adresses et numéros. La CNIL rassemble par ailleurs ses ressources et recommandations sur l'intelligence artificielle.
Protégez enfin le compte, dont l'historique en dit long sur vous : mot de passe unique ou clé d'accès (voir notre guide des passkeys), et application installée depuis le site de l'éditeur ou le magasin officiel, jamais via une extension promettant une version « illimitée ».
Les réflexes avant d'utiliser une réponse
- J'ai relu la réponse en entier, pas seulement le début.
- Chaque chiffre, date ou référence importante est vérifié sur une source primaire, liens ouverts.
- Je n'ai collé ni donnée sensible ni information sur un tiers.
- Pour une décision de santé, de droit ou d'argent, j'ai consulté un professionnel ou un site officiel.
- Si je publie le contenu dans un cadre professionnel, j'ai vérifié s'il doit être signalé comme généré par IA.
Confidentialité : les réglages de ChatGPT, Gemini, Claude, Le Chat et Copilot
Ces cinq assistants proposent un réglage pour refuser que vos conversations servent à améliorer leurs modèles, et la plupart un mode sans historique. Où les trouver, selon les pages officielles des éditeurs :
| Assistant | Refuser l'entraînement | Sans historique | Conservation |
|---|---|---|---|
| ChatGPT (OpenAI) | Paramètres, Contrôle des données : « Améliorer le modèle pour tous » (ou demande via le portail de confidentialité d'OpenAI) | Discussion temporaire | Discussion temporaire : supprimée sous 30 jours ; conversations : jusqu'à leur suppression |
| Gemini (Google) | Désactiver « Conserver l'activité » (anciennement « Activité dans les applis Gemini ») | Discussion temporaire | 72 heures si l'activité est coupée ; sinon 18 mois par défaut (3 ou 36 au choix) |
| Claude (Anthropic) | Paramètres, Confidentialité : option d'aide à l'amélioration de Claude | Discussion incognito | 30 jours sans entraînement, 5 ans avec |
| Le Chat (Mistral AI) | Paramètres du compte Mistral AI : s'opposer à l'usage de vos échanges pour l'entraînement | Supprimer les échanges sensibles | Jusqu'à la suppression de la conversation ou du compte |
| Copilot (Microsoft) | Paramètres de confidentialité de Copilot (détaillés dans la FAQ confidentialité de Microsoft) | Supprimer les échanges sensibles | Historique consultable et supprimable dans le tableau de bord de confidentialité Microsoft |
À noter : la discussion temporaire d'OpenAI n'apparaît pas dans l'historique, n'alimente pas la mémoire et ne sert pas à l'entraînement. Chez Google, les conversations relues par des réviseurs humains peuvent être gardées jusqu'à trois ans, séparément de votre compte. Chez Anthropic, les conversations signalées pour un contrôle de sécurité et celles que vous notez (pouce levé ou baissé) servent à l'amélioration des modèles même si vous avez refusé l'entraînement, selon sa politique de confidentialité. Dans les offres Le Chat Team et Enterprise, les échanges ne servent jamais à l'entraînement, et la version de Copilot proposée aux entreprises suit d'autres règles.
Les limites de l'IA générative : erreurs, complaisance, biais
Les hallucinations : inventer avec aplomb
Une « hallucination » est une réponse fausse présentée comme vraie : citation inexistante, décision de justice imaginaire, chiffre sorti de nulle part. Des recherches d'Anthropic publiées en mars 2025 éclairent le mécanisme : par défaut, le modèle tend à dire qu'il ne sait pas, mais ce réflexe se désactive quand il reconnaît un nom ; s'il n'en sait pas davantage, il produit une réponse plausible mais fausse. Les erreurs se nichent donc là où la question paraît familière. Sans recherche web s'ajoute une connaissance datée : pour les prix, les lois ou les logiciels, exigez des sources datées.
La complaisance : l'IA qui vous donne raison
En octobre 2023, des chercheurs d'Anthropic ont montré que cinq assistants de pointe tendaient systématiquement à aller dans le sens de l'utilisateur. En cause, en partie : l'entraînement par retours humains, car les gens préfèrent parfois une réponse convaincante qui les conforte à une réponse exacte. Parade : taisez la réponse que vous espérez, demandez les objections, et méfiez-vous d'un assistant qui change d'avis dès que vous le contestez.
Les biais : jamais de décision sur une personne
Les modèles reproduisent des stéréotypes présents dans leurs données. Sur 70 scénarios de décision (financement, logement…), une étude d'Anthropic de décembre 2023 a relevé chez son modèle de l'époque, Claude 2.0, des discriminations positives et négatives selon les caractéristiques démographiques indiquées, dans certains cas et en l'absence de correctifs. L'éditeur précise ne pas cautionner ni autoriser l'usage des modèles de langage pour des décisions automatisées dans ces domaines à haut risque.
Ne confiez donc à un chatbot ni le tri de CV, ni l'évaluation d'un locataire : l'AI Act classe d'ailleurs le recrutement et l'évaluation de la solvabilité pour un crédit parmi les usages « à haut risque », avec des obligations applicables à partir du 2 décembre 2027 (notre point sur le calendrier de l'AI Act).
L'empreinte environnementale
Chaque requête consomme de l'électricité et de l'eau. Google a publié en août 2025 sa propre mesure pour une requête texte médiane dans Gemini : 0,24 Wh, 0,03 g d'équivalent CO₂ et 0,26 ml d'eau, soit l'énergie de moins de 9 secondes de télévision selon l'entreprise. Il ne dit rien des images, des vidéos ou des recherches approfondies : évitez les générations en série inutiles.
Droits d'auteur, droit à l'image, AI Act : ce que dit la loi
À qui appartient un texte ou une image générés ?
Le droit d'auteur protège les « œuvres de l'esprit » (article L111-1 du code de la propriété intellectuelle), et la Cour de justice de l'Union européenne exige qu'une œuvre reflète la personnalité de son auteur, à travers ses « choix libres et créatifs » (arrêt Painer, 2011). Selon notre lecture, une requête de quelques mots laisse l'essentiel des choix à la machine : le résultat brut a peu de chances d'être protégé. Plus votre apport est important (réécriture, retouches, sélection, assemblage), plus le résultat final a des chances de l'être.
Anthropic vous cède d'ailleurs dans ses conditions « tous ses droits, s'il en existe » sur les réponses, sans garantir qu'un droit existe. À l'inverse, un contenu généré peut violer les droits d'autrui (personnage protégé, logo, passage recopié), et c'est celui qui publie qui en répond.
Deepfakes et droit à l'image
Depuis la loi SREN du 21 mai 2024, l'article 226-8 du code pénal punit d'un an de prison et 15 000 € d'amende la diffusion, sans son consentement, d'un contenu généré représentant l'image ou les paroles d'une personne, s'il n'est pas évident ou signalé qu'il est artificiel : deux ans et 45 000 € en ligne. Pour un deepfake à caractère sexuel, l'article 226-8-1 prévoit jusqu'à trois ans de prison et 75 000 € d'amende en ligne. À partir du 2 décembre 2026, l'AI Act interdit en outre les IA de « nudification », qui déshabillent virtuellement une personne réelle à partir d'une photo.
Visé par un montage ? Signalez-le à l'hébergeur, puis sur Pharos, la plateforme officielle de signalement ; pour un mineur victime de cyberharcèlement, appelez le 3018. Les escrocs exploitent les mêmes techniques (voix clonée d'un proche, fausse vidéo d'une personnalité vantant un placement) : convenez d'un mot de passe familial pour les appels urgents, et lisez notre décryptage des schémas d'arnaque crypto.
Ce que l'AI Act change depuis le 2 août 2026
Le règlement européen sur l'IA impose depuis le 2 août 2026 des obligations de transparence (article 50), précisées par la Commission dans un questions-réponses :
- un chatbot doit vous informer que vous parlez à une IA, sauf si c'est évident ;
- les contenus générés doivent être marqués dans un format lisible par machine, avec un délai jusqu'au 2 décembre 2026 pour les outils déjà sur le marché ;
- un deepfake publié dans un cadre professionnel doit être signalé comme artificiel, avec une mention allégée pour les œuvres artistiques ou satiriques ;
- un texte généré publié pour informer le public sur un sujet d'intérêt général doit l'être aussi, sauf relecture humaine sous responsabilité éditoriale.
Un usage purement personnel n'est soumis à aucune de ces obligations (article 2) ; une chaîne monétisée ou un compte d'entreprise, si.
Notre analyse
AI Act : ce qui s'applique en 2026, ce qui a été repoussé
Calendrier complet, obligations de transparence, sanctions et autorités compétentes en France.
Au travail, dans les études et en famille : les règles du jeu
Au travail, la politique de votre employeur prime : coller un contrat client ou un fichier du personnel dans un compte personnel expose l'entreprise, et vous avec. Les offres professionnelles suivent d'autres règles ; chez Anthropic, les changements de 2025 sur l'entraînement ne concernent ni les offres entreprise et éducation ni l'API.
Avant de payer une formation « IA » à prix d'or, passez-la au crible de nos 12 signaux d'alerte à vérifier avant de payer. Et si l'IA vous donne envie de changer de voie, notre dossier sur la reconversion dans le numérique recense les métiers accessibles et les parcours sérieux.
Dans les études, les règles varient d'un établissement et d'un enseignant à l'autre : renseignez-vous avant de rendre un devoir. Selon un rapport d'Anthropic d'avril 2025, environ 47 % des conversations d'étudiants étaient « directes » : une réponse au plus vite, sans véritable échange. Or l'IA qui fait l'exercice à votre place vous prive de ce qu'il devait vous apprendre.
Pour les enfants, vérifiez l'âge minimum fixé par l'éditeur. Les conditions européennes d'OpenAI exigent au moins 13 ans et, avant 18 ans, l'autorisation d'un parent ; Mistral AI fixe aussi 13 ans, avec accord parental pour un mineur ; Claude est réservé aux 18 ans et plus.
Par où commencer cette semaine
- Réglez la confidentialité de votre assistant : entraînement, mémoire, historique. Dix minutes, une fois pour toutes.
- Choisissez trois tâches répétitives (un e-mail type, un résumé, une formule) et testez-les avec la méthode en cinq temps.
- Vérifiez une réponse factuelle de bout en bout, sources ouvertes. Vous saurez vite où l'outil est fiable, et où il ne l'est pas.
L'IA générative n'est ni un oracle ni un gadget : c'est un assistant rapide qui a besoin d'un relecteur exigeant, et ce relecteur, c'est vous. Partagez vos meilleures requêtes dans la communauté h/ia, et suivez l'évolution des outils et des règles avec la newsletter.



