Un message « envoyé par erreur » qui devient une amitié. Une vidéo où un patron célèbre recommande une plateforme. Un jeton offert qui apparaît dans votre portefeuille. Chaque arnaque crypto a son décor, mais toutes visent le même geste : que vous envoyiez vous-même vos fonds, par une transaction que personne ne pourra annuler.
Et les pertes battent des records : 11,4 milliards de dollars déclarés au FBI en 2025 pour les seuls États-Unis (rapport IC3 2025), au moins 14 milliards versés à des arnaques en cryptos dans le monde selon Chainalysis (2026 Crypto Crime Report). En Europe, Europol juge la fraude à l'investissement, notamment en cryptomonnaies, « particulièrement répandue » (IOCTA 2026).
Voici les dix schémas les plus courants, regroupés en trois familles : pour chacun, le mécanisme, les signaux d'alerte et une affaire réelle. Puis la marche à suivre si vous avez déjà payé.
Le scénario commun à presque toutes les arnaques crypto
L'habillage change, le déroulé reste le même. Le reconnaître vous protège même face à une variante que ce guide ne décrit pas.
Une publicité, un message, un appel
Le plus souvent, c'est l'escroc qui vous trouve, pas l'inverse.
Une relation ou une autorité construite
Un interlocuteur attentif, une célébrité qui semble recommander l'offre, des captures de gains.
Un premier versement modeste
Le tableau de bord affiche aussitôt des gains : c'est une page que l'escroc contrôle.
La pression pour verser davantage
Occasion à saisir, palier à atteindre, conseil d'emprunter ou de solliciter vos proches.
Le retrait impossible
Frais de déblocage, taxe, caution : chaque paiement en appelle un autre, jusqu'à la disparition du contact.
La deuxième lame
De faux avocats ou enquêteurs promettent de récupérer les fonds, contre paiement.
Pourquoi les cryptos ? Parce qu'une transaction confirmée sur la blockchain est définitive, qu'aucune banque ne peut la rembourser et que les fonds changent de pays en quelques minutes.
11,4 Md$
Pertes liées aux cryptos déclarées au FBI en 2025
≥ 14 Md$
Reçus par des arnaques crypto en 2025, dans le monde
2 764 $
Paiement moyen versé à une arnaque en 2025
+1 400 %
Hausse des arnaques par usurpation d'identité en un an
10 516
Plaintes au FBI contre de faux « récupérateurs » de fonds en 2025
≥ 1 Md€
Pertes en France dues aux faux placements et faux crédits
Qui est visé ? Aux États-Unis, les plus de 60 ans ont déclaré plus de 4,3 milliards de dollars de pertes liées aux cryptos en 2025, près de 40 % du total. Europol s'inquiète aussi des mineurs et jeunes adultes, qui peuvent servir de blanchisseurs sans le savoir en « louant » leur portefeuille. En France, le parquet de Paris, l'AMF et l'ACPR dénonçaient déjà, dans un communiqué commun, une « industrialisation » des faux placements.
Arnaques à l'investissement : les quatre schémas qui coûtent le plus cher
Aux États-Unis, la seule fraude à l'investissement en cryptos a causé plus de 7,2 milliards de dollars de pertes déclarées au FBI en 2025, pour 61 559 plaintes, un nombre en hausse de 48 % sur un an.
1. Les faux sites de trading
Le mécanisme. Une publicité promet un « revenu complémentaire grâce au bitcoin ». Vous laissez votre numéro, un « conseiller » rappelle et vous fait verser un premier dépôt sur une plateforme au design soigné. Le tableau de bord affiche des gains réguliers. Quand vous voulez retirer, les obstacles s'enchaînent : frais de déblocage, taxe, dépôt minimum. Selon Europol, ces réseaux achètent de la publicité sur les très grandes plateformes et utilisent des robots vocaux pour présélectionner les victimes.
Une affaire réelle. En juin 2025, Europol a annoncé le démantèlement en Espagne d'un réseau de fraude à l'investissement en cryptos, soupçonné d'avoir fait plus de 5 000 victimes dans le monde et d'avoir blanchi 460 millions d'euros. La Guardia Civil a mené l'enquête avec l'appui d'enquêteurs français, estoniens et américains.
Les signaux.
- La plateforme vous a trouvé : vous ne l'avez pas cherchée.
- La société n'apparaît pas dans le registre des prestataires agréés MiCA, ou figure sur la liste noire de l'AMF. Voyez comment vérifier une plateforme depuis la fin de la période transitoire MiCA.
- On vous demande de virer vers l'IBAN d'un tiers. Depuis le 9 octobre 2025, votre banque vous alerte si le nom du bénéficiaire ne correspond pas à l'IBAN (règlement (UE) 2024/886) : ne passez jamais outre.
- Des frais à payer avant un retrait. Une plateforme légitime les prélève sur la somme retirée.
2. Le « pig butchering », ou arnaque aux sentiments
Le mécanisme. Le nom vient d'une expression chinoise, « l'abattage du cochon » : on engraisse la victime avant de la saigner. La cellule antiblanchiment du Trésor américain (FinCEN) décrit un premier contact anodin (message « envoyé par erreur », site de rencontre, réseau social), puis des semaines, voire des mois, de mise en confiance. L'interlocuteur évoque ses succès en crypto et vous oriente vers « sa » plateforme, où gains et dépôts grimpent jusqu'au retrait impossible.
Une affaire réelle. Le 14 octobre 2025, la justice américaine a rendu publique l'inculpation de Chen Zhi, président du conglomérat cambodgien Prince Group, accusé d'avoir dirigé des centres où des personnes retenues contre leur gré menaient ces escroqueries. Elle vise la confiscation d'environ 127 271 bitcoins (près de 15 milliards de dollars à la date de l'annonce), la plus importante de son histoire.
Les signaux. Une relation née en ligne qui en vient à l'argent, un appel vidéo toujours refusé, une conversation qui migre vite vers WhatsApp ou Telegram, une « fenêtre de marché » qui ne dure que quelques heures. En France, ce schéma peut relever de l'escroquerie aux sentiments : sur THESEE, vous pouvez porter plainte en ligne si vous n'avez jamais rencontré l'auteur et qu'il vous a demandé de l'argent, même sans avoir rien versé.
3. Les faux conseillers en placement
Le mécanisme. Un appel ou un e-mail d'un prétendu conseiller, gestionnaire de patrimoine ou employé de votre banque, parfois sous le nom et le logo d'une société bien réelle. Il vous fait ouvrir un compte à votre nom sur une vraie plateforme d'échange, puis transférer les cryptos vers « votre » portefeuille, dont l'adresse lui appartient. Ou il propose de « vous aider » en prenant la main sur votre ordinateur.
Les signaux. Une pression constante, de la flatterie, un refus de tout écrire, le conseil de ne rien dire à votre banque ni à vos proches. Vérifier qu'un nom existe ne suffit pas : rappelez vous-même la société au numéro qui figure dans le registre officiel.
4. Les promesses de rendement : Ponzi, « robots » et staking garanti
Le mécanisme. Un rendement fixe, quotidien ou mensuel, attribué à un robot de trading, à de l'arbitrage ou à du « staking ». Un bonus pour chaque filleul. En réalité, les premiers investisseurs sont payés avec l'argent des suivants : tant qu'il entre, les retraits fonctionnent et les témoignages enthousiastes se multiplient.
Une affaire réelle. Selon l'acte d'accusation américain de février 2022, BitConnect vantait un « Trading Bot » aux « rendements garantis » ; c'était en réalité une pyramide de Ponzi, qui a collecté environ 2,4 milliards de dollars.
Les signaux. Les mots « garanti » et « sans risque », un pourcentage fixe, un parrainage rémunéré, des retraits « en maintenance », une source de rendement que personne ne sait expliquer. Un rendement élevé s'accompagne toujours d'un risque élevé.
Arnaques techniques : quand une signature ou un copier-coller suffit
Ici, nul besoin de vous convaincre d'investir : l'escroc exploite un geste technique, que vous faites parfois sans y penser.
5. Les rug pulls : le projet qui part avec la caisse
Le mécanisme. Un nouveau jeton ou une collection de NFT, une feuille de route ambitieuse, une communauté survoltée sur Discord. Une fois les fonds levés, l'équipe retire la liquidité ou abandonne le projet. Variante, le « pot de miel » : le contrat vous laisse acheter, mais pas revendre (MetaMask affiche un avertissement dédié).
Une affaire réelle. En janvier 2022, les créateurs des NFT « Frosties » en ont vendu 8 888 en promettant un jeu dans le métavers, puis ont fermé le site et le Discord. Selon le parquet fédéral de New York, qui les a poursuivis en mars 2022, ils avaient empoché environ 1,1 million de dollars.
Les signaux. Une équipe anonyme, une promesse sans produit, une liquidité non verrouillée, quelques portefeuilles qui détiennent l'essentiel de l'offre, une pression pour acheter « avant qu'il soit trop tard ». Un jeton qui s'effondre n'est pas forcément une arnaque, mais ces signaux trahissent souvent l'intention.
6. Les airdrops piégés, drainers et empoisonnement d'adresse
Le mécanisme. Un jeton apparaît dans votre portefeuille, avec un lien pour « réclamer » une récompense. Le site vous demande de connecter votre portefeuille et de signer. Cette signature peut autoriser un contrat à dépenser vos jetons ; la norme EIP-2612 permet même d'accorder cette autorisation par une simple signature, sans frais de réseau. C'est le principe des « drainers », des outils qui, selon Europol, font approuver aux victimes des transactions à leur insu.
Autre variante, l'empoisonnement d'adresse : l'escroc vous envoie des montants infimes depuis une adresse qui ressemble à celle d'un correspondant habituel, en espérant que vous la copierez depuis votre historique. Une étude présentée à USENIX Security en 2025 a recensé en deux ans 270 millions de tentatives sur Ethereum et BNB Smart Chain, dont au moins 6 633 réussies, pour au moins 83,8 millions de dollars de pertes.
Les réflexes.
- Un cadeau non sollicité : n'y touchez pas. Selon ethereum.org, les arnaques aux airdrops figurent parmi les plus courantes.
- Le message « Ce site demande l'autorisation de dépenser vos jetons » (formulation de MetaMask) pour une simple récompense : refusez.
- Vérifiez l'adresse de destination en entier, pas seulement ses premiers et derniers caractères, et utilisez un carnet d'adresses.
- Faites le ménage dans vos autorisations, avec la méthode d'ethereum.org pour révoquer l'accès d'un contrat à vos fonds.
Pour le reste (phrase de récupération, portefeuille matériel), suivez notre guide pour sécuriser ses cryptos en 2026.
7. Le faux support client
Le mécanisme. Vous posez une question en public sur X, Discord ou Telegram, et un « agent du support » vous écrit en privé (ethereum.org note que ces escrocs surveillent les canaux publics). Ou un appel, un SMS, un e-mail vous annonce une connexion suspecte. On vous demande votre phrase de récupération, de valider une opération sur un faux site, ou de transférer vos fonds vers un « portefeuille sécurisé ».
Une affaire réelle. En décembre 2025, le procureur de Brooklyn a inculpé un homme de 23 ans accusé d'avoir dérobé près de 16 millions de dollars à une centaine d'utilisateurs en se faisant passer pour un agent de Coinbase : il leur annonçait que leur compte était compromis et leur faisait déplacer leurs cryptos vers des portefeuilles « sûrs », qu'il contrôlait. Il a plaidé coupable le 2 septembre 2026 et a été condamné le 23 septembre à quatre à douze ans de prison.
En France, les fuites de données nourrissent ces appels. Le fabricant français Ledger a reconnu en 2020 le vol de plus d'un million d'adresses e-mail de clients. En janvier 2026, après de nouvelles fuites, dont l'une touchant la société Waltio (logiciel de fiscalité crypto), Cybermalveillance.gouv.fr relayait de nombreux appels de faux employés de plateformes ou de faux services antifraude bancaires ; le parquet de Paris alertait sur de faux représentants des forces de l'ordre, au téléphone ou en personne. Dans les cas les plus graves, des détenteurs de cryptos, voire leurs proches, ont été enlevés, séquestrés ou torturés.
Les signaux. C'est lui qui vous contacte, il connaît déjà votre nom ou vos avoirs, il y a urgence, et il veut vos 12 ou 24 mots. Raccrochez et rappelez vous-même le numéro officiel. Comme le rappelle MetaMask, cette phrase donne « un accès illimité à votre portefeuille et à vos fonds ». Sur les plateformes, protégez vos comptes par des passkeys, bien plus résistantes à l'hameçonnage qu'un mot de passe et un code SMS.
Arnaques à la crédibilité : fausses célébrités, deepfakes, faux gains
Ces trois schémas fabriquent de la confiance. Ils servent souvent de porte d'entrée aux arnaques à l'investissement.
8. L'usurpation d'influenceurs et de personnalités
Le mécanisme. Un faux compte copie le nom et la photo d'une figure connue, à un caractère près. Un faux direct sur YouTube rediffuse une ancienne interview avec un QR code : « Envoyez 1 ETH, recevez-en 2 ». Selon ethereum.org, ces « cadeaux » sont toujours des arnaques ; Vitalik Buterin, cofondateur d'Ethereum, est la figure la plus souvent usurpée.
Ce que dit la loi. La loi du 9 juin 2023 sur l'influence commerciale n'autorise les influenceurs à promouvoir des services sur crypto-actifs que s'ils sont fournis par des prestataires enregistrés, agréés ou autorisés : depuis le 1er juillet 2026, seuls ceux agréés ou notifiés au titre de MiCA remplissent cette condition. Un « coaching » au trading vous tente ? Vérifiez d'abord nos signaux d'alerte avant de payer une formation en ligne.
Les signaux. Un compte récent ou au nom légèrement différent, un « cadeau » qui exige un envoi préalable, un administrateur de groupe qui vous écrit en premier. Signalez les faux comptes au réseau social et les contenus frauduleux sur Pharos.
9. Les deepfakes : visages et voix fabriqués par l'IA
Le mécanisme. Une publicité où un chef d'entreprise « recommande » une plateforme, un appel vidéo avec un visage crédible, une voix clonée. Le FBI décrit des « clubs d'investissement » qui diffusent des vidéos et des voix de célébrités ou de dirigeants générées par IA ; il a reçu en 2025 plus de 22 000 plaintes mentionnant l'IA, pour plus de 893 millions de dollars de pertes.
Et c'est rentable : selon Chainalysis, les arnaques qui achètent des outils d'IA (échange de visage, deepfakes, modèles de langage) encaissent en moyenne 4,5 fois plus par opération que les autres.
Les signaux. Ne cherchez pas le trucage à l'œil : les défauts visibles s'estompent à mesure que les outils progressent. Raisonnez sur la situation : une personnalité ne vous recommande pas une plateforme dans une publicité ou un message privé : vérifiez sur ses comptes officiels. Avec vos proches, convenez d'un mot de code pour les appels d'urgence.
10. Les fausses preuves de gains
Le mécanisme. Une capture de portefeuille à six chiffres, un tableau de bord en hausse, un reçu de transaction : ces images servent de vitrine aux schémas précédents, et se fabriquent en quelques minutes avec des cours réels. Entre particuliers, un acheteur vous montre la « preuve » d'un envoi qui n'a jamais eu lieu.
La vérification. Une image ne prouve ni un solde, ni un gain, ni un paiement. Seule la blockchain fait foi : une adresse publique que vous consultez vous-même sur un explorateur de blocs, et un message signé depuis cette adresse sur une phrase que vous choisissez. Pour un paiement, vérifiez l'arrivée des fonds dans votre propre portefeuille. Notre guide pour repérer une fausse capture de portefeuille crypto détaille la méthode pas à pas.
Reconnaître une arnaque crypto en un coup d'œil
Un seul de ces signaux suffit pour tout arrêter et vérifier.
| Schéma | Premier contact | Le signal d'alarme |
|---|---|---|
| Faux site de trading | Publicité, formulaire | Des frais exigés avant un retrait |
| Pig butchering | Message « par erreur », site de rencontre | Un inconnu en ligne qui parle d'investir |
| Faux conseiller | Appel, démarchage | Prise en main à distance, secret exigé |
| Promesse de rendement | Parrainage, groupe privé | « Garanti », « sans risque » |
| Rug pull | Nouveau jeton ou NFT | Équipe anonyme, revente impossible |
| Airdrop piégé | Jeton reçu sans le demander | Une autorisation de dépense pour un cadeau |
| Faux support | Question publique, fausse alerte | On vous demande vos 12 ou 24 mots |
| Usurpation d'influenceur | Faux compte, faux direct | « Doublez vos cryptos » |
| Deepfake | Vidéo sponsorisée, appel vidéo | Une célébrité qui recommande une plateforme |
| Fausse preuve de gains | Capture, tableau de bord | Une image présentée comme une preuve |
Comment vérifier une plateforme crypto avant d'investir
Sept points à cocher avant tout dépôt, même modeste.
Avant d'envoyer le moindre euro ou le moindre satoshi
- J'ai trouvé la plateforme moi-même : elle ne m'a pas contacté.
- La société exacte (celle des conditions générales) figure au registre MiCA de l'ESMA ou est une banque notifiée, et n'est pas sur la liste noire de l'AMF.
- Aucun rendement ne m'est garanti, et personne ne me presse de décider aujourd'hui.
- Je verse sur un compte à mon nom, jamais vers l'IBAN d'un tiers ou une adresse fournie par un « conseiller ».
- Je n'installe aucun logiciel de prise en main à distance et je ne communique jamais ma phrase de récupération.
- Je ne signe aucune transaction ni autorisation dont je ne comprends pas l'effet.
- Un petit retrait réussi ne prouve rien : c'est une technique classique pour obtenir un plus gros dépôt.
Aucune vérification n'offre de garantie absolue. Un nom absent de la liste noire de l'AMF ne vaut pas feu vert : les escrocs changent de nom de domaine plus vite que les listes ne se mettent à jour. Ce qui compte, c'est la présence dans le registre des prestataires agréés de l'ESMA, sous le nom exact de la société.
Un doute sur une offre ? Posez la question à la communauté h/crypto, ou consultez les fiches de Hyrulea Trust avant de faire confiance à un site inconnu.
Victime d'une arnaque crypto : que faire, et dans quel ordre
Ces escroqueries sont conçues par des professionnels et touchent tous les profils. La honte fait perdre un temps précieux : agissez vite.
Cessez tout paiement et coupez le contact
Ne versez plus rien, même pour « débloquer » un retrait ou payer une « taxe » : ces frais ne débloquent jamais rien. Ne répondez plus aux messages ni aux appels.
Mettez à l'abri ce qui peut l'être
Phrase de récupération communiquée : transférez ce qui reste vers un nouveau portefeuille, créé sur un appareil sain. Révoquez les autorisations signées, désinstallez tout logiciel de prise en main à distance, changez vos mots de passe.
Rassemblez les preuves
Adresses de portefeuille, identifiants de transaction (hash), adresses des sites, numéros utilisés, captures datées des conversations, relevés bancaires. Ne supprimez rien.
Prévenez votre banque et la plateforme d'échange
Pour un paiement par carte ou par virement, votre banque peut tenter d'annuler l'opération, sans garantie : chaque heure compte. Faites opposition si vos données de carte ont été utilisées. Si vos cryptos sont parties d'une plateforme d'échange, signalez-lui les adresses de destination.
Signalez les faits
17Cyber pose un diagnostic et vous oriente. Info Escroqueries répond au 0 805 805 817 (appel gratuit, du lundi au vendredi de 9 h à 18 h 30). Signalez la plateforme à AMF Épargne Info Service (01 53 45 62 00 ou formulaire en ligne), et le site ou la publicité sur Pharos.
Portez plainte
Au commissariat ou à la gendarmerie de votre choix, qui sont tenus de l'enregistrer, ou par courrier au procureur de la République. La plainte en ligne n'est ouverte qu'à certains cas : THESEE couvre notamment l'hameçonnage et l'escroquerie aux sentiments, le service de plainte en ligne certaines escroqueries dont l'auteur est inconnu. Vous disposez de six ans à compter du dernier versement.
L'escroquerie est punie de cinq ans de prison et 375 000 € d'amende (article 313-1 du Code pénal), dix ans et 1 million d'euros en bande organisée (article 313-2). Si les auteurs sont poursuivis, vous pourrez vous constituer partie civile ; le Fonds de garantie des victimes peut aussi, sous conditions, indemniser une partie du préjudice. Pour aller plus loin : la page de l'AMF dédiée aux victimes et la fiche « Porter plainte » de Service-Public.fr.
La deuxième lame : les faux « récupérateurs » de fonds
Quelques semaines après l'arnaque, un cabinet d'avocats, un « enquêteur blockchain » ou un prétendu agent d'une autorité vous écrit : vos fonds ont été « localisés » et vous seront restitués contre des frais de dossier, une taxe ou la connexion de votre portefeuille.
C'est une nouvelle escroquerie. Le FBI décrit de faux cabinets d'avocats qui ciblent les victimes d'arnaques crypto et note une hausse des usurpations d'agents publics et de sociétés de récupération : 10 516 plaintes en 2025, pour 1,4 milliard de dollars de pertes déclarées (un total qui peut inclure l'arnaque initiale).
Des fonds sont parfois saisis, mais par la voie judiciaire et au terme d'enquêtes de plusieurs années. Au Royaume-Uni, plus de 61 000 bitcoins ont été saisis dans le dossier de Zhimin Qian, condamnée en novembre 2025 pour avoir blanchi le produit d'une fraude aux plus de 128 000 victimes : l'enquête avait été ouverte en 2018. Votre plainte reste le point de départ d'une éventuelle indemnisation.
En résumé : trois réflexes contre toutes les arnaques crypto
Méfiez-vous de ce qui vient à vous : publicité, message, appel, jeton offert, offre de récupération. Vérifiez par un canal que vous avez choisi : registre de l'ESMA, liste noire de l'AMF, comptes officiels, explorateur de blocs. Ne franchissez jamais les trois lignes rouges : rendement garanti, phrase de récupération, frais pour retirer.
Parlez-en autour de vous, à vos parents comme à vos enfants. Des méthodes voisines sévissent sur les petites annonces : voyez notre guide des arnaques sur Leboncoin, Vinted et Marketplace, et suivez les nouvelles variantes dans la rubrique Crypto.



